Catégorie : Mission de Claire

Enfin des nouvelles !!

Bonjour à tous !

Voilà bien longtemps que nous n’avons pas donné de nos nouvelles… Je crois cependant que ça a été bon de vivre pleinement les choses, avant de s’arrêter pour faire un peu le bilan. Nous voilà bien adaptés à notre quotidien, nous sommes très heureux de ce que nous vivons ici, de notre travail, de la richesse de vivre cette expérience en couple.

Nous restons étonnés par cette culture, par ses richesses, par ses différences. A vrai dire, il y a aussi des choses un peu énervantes dans la manière d’être des chiliens, dans le manque d’organisation, de préparation, dans l’improvisation. Ils sont exceptionnels pour rêver des projets, mais souvent peu réalistes dans leur réalisation… Cela se ressent en particulier dans le projet que nous faisons avec Fondacio, où nous avons eu des dizaines de réunions à se donner des nouvelles, à vivre de belles relations mais sans travailler pour un sou. Heureusement, les chiliens sont des pros de la "dernière ligne droite" et le résultat est toujours surprenant !

D'un autre côté, nous sommes éblouis par les relations que nous vivons, par l’affection et l’amour que nous recevons chaque jour. Par la grâce de pouvoir dire simplement que l’on aime quelqu’un, qu’il a du prix à nos yeux, la grâce aussi de pouvoir prendre les gens dans nos bras. Je me rend compte combien en France nous sommes pauvres de toucher les autres, alors qu’ici j’ai l’impression de recharger mes batteries à chaque fois qu’un ami me prend dans ses bras… J’espère que nous aurons l’audace de continuer à accueillir ainsi nos amis et nos familles de retour chez nous… et que vous saurez aussi accueillir cette marque de tendresse et d’affection.

Mon travail au consultorio est une expérience humaine très belle. Je découvre une autre manière d’être auprès des personnes en fin de vie, de passer du temps gratuitement avec les gens, avec leur famille. Cette manière d’être présente restera une richesse que je désire garder pour la suite. Je me rend compte cependant que du fait de la barrière culturelle et de langage il me faudrait plus de temps pour bien comprendre la manière de penser, de vivre des gens, de symboliser la mort, de l’approcher dans cette culture, et ainsi de pouvoir prendre plus d’initiatives, plus de responsabilités. Ces 8 mois ici sont un temps pour ouvrir mon cœur et mes yeux qui restera précieux sur mon chemin de vie, mais je commence à avoir des fourmis dans les jambes, j’ai envie de prendre plus de responsabilités. J’espère que ce sera pour mon retour en France, car ce que je vis ici continue de me faire mûrir mon choix de travailler en soins palliatifs.

Du côté de Michel, il continue à faire de grandes journées de travail, il est très fatigué en ce moment étant donné notre réunionite aiguë, il n’a pas beaucoup le temps de se reposer car nous avons presque tous les soirs des réunions. Par contre il est toujours ravi de son ambiance de travail.

Dans les nouvelles pour la suite, Michel a décidé de faire un master l’an prochain. Il s’est rendu compte au cours de ses derniers stages que la partie très technique de son travail n’est pas ce qui le passionne le plus et qu’il aimerai plus de relationnel. Il s’est donc inscrit dans un Master de management dans les nouvelles technologies à HEC. Il a passé un oral en visio-conférence début juin et on aura les résultats le 19 juin. On espère vraiment que ça va marcher ! Si c’est le cas, nous rentrerons en France fin août ou tout début septembre.

Et avec Fondacio...

Nous avons aussi un engagement commun avec les jeunes de Fondacio. C’est un mouvement chrétien qui est en particulier présent auprès des jeunes dans leur vie d’adolescents et de jeunes adultes, pour les aider à prendre plus conscience de leurs richesses, à affirmer leur identité, à réfléchir au sens de leur vie, aux enjeux de la société… Nous faisons partie de l’équipe de préparation et d’animation pour les jeunes. Nous avions décidé de faire une rencontre d’un we, qui devait avoir lieu fin mars, puis fin avril, puis mi-mai, puis fin mai… Ce we nous l’avons enfin organisé et concrétisé ! Une rencontre au bord de la mer, dans un cadre magnifique pour des jeunes entre 12 et 25 ans… sacré défi de réunir des âges et des préoccupations si différents ! Le WE s’appelait Encuentra-Te, ce qui signifie, rencontre-toi, nous y avons abordé beaucoup de thèmes touchant l’identité, l’estime de soi, l’audace d'être soi-même dans un monde où les adolescents se laissent souvent absorber par des attitudes de groupe, qu’elles soient vestimentaires, de langage, de boire, de fumer… J’ai été très touchée par la profondeur des échanges, la vérité aussi dans notre humanité fragile, dans nos limites… Je crois que ce type de We est vraiment porteur d’espérance, qu’il peut amorcer des changements personnels profonds, et que c’est en humanisant nos vies qu’on peut humaniser et rendre meilleures nos sociétés. L’autre grande réussite de ce we à mes yeux à été de rendre possible la rencontre entre jeunes de poblacion et jeunes des quartiers riches. Il existe un rejet profond des deux côtés, les jeunes de barrios sont révoltés, à raison, de tant d’inégalités, de vivre dans une société consommiste où tout est accessible à seulement quelques uns, mais surtout où l’éducation n’est possible que jusqu’au bac gratuitement (mais d'un niveau extrèmement faible dans le publique). Il leur est presque impossible d’étudier à l’université…parce qu’il faut payer une fortune, parce qu’il faut continuer à manger… J’ai vraiment eu la sensation de me cogner violemment contre un mur en entendant deux jeunes de mon âge, avec leur rêve « fou » de devenir instituteurs, après avoir cherché de toutes leurs forces des aides financières pour réussir leur projet... abandonnant, et restant désespérés. J’avais déjà conscience des limites de ce pays quant à l’éducation, mais là dans ce lieu privilégié où l’on nous demandait de regarder dans nos vies ce qui nous entravait à vivre pleinement, à faire des petits pas dans nos vies pour être plus soi-même ; cela à été déchirant pour moi de voir l’incarnation de cette triste réalité, de les entendre dire que leur limites, ce qui les empêche d’être heureux, de vivre dignement, ce sont des limites externes sur lesquelles ils ne peuvent rien… et dans cette réalité comment ne pas désespérer ? Je crois que le Chili à besoin de ces rencontres entre « riches » et «pauvres », qu’au niveau individuel, nous avons besoins de prendre consciences que les « pauvres » sont riches de ce qui fait la pauvreté des « riches », ils sont riches de solidarité, d’entraide, de relations familiales fortes, là où nous sommes pauvres de solitude, d’individualisme, de relations médiatisées où nous oublions le face à face… bref riches de ce qui fait le cœur de l’humain qui est relation. Je me demande QUI va faire changer cette société tellement révoltante d’injustice, qui permet que les salaires soient si terriblement écartés, que 20% de la population vive avec un salaire 15 fois inférieur au 20% des plus riches, que le salaire des diplômés soit équivalent aux salaires européens, mais que le salaire des métiers qui ne requièrent pas de diplôme soit de 180 euros environ… dans un pays où les transport, la nourriture sont presque aussi chers que chez nous… Comment faire ?? Et nous, à notre niveau individuel, étant là seulement quelques mois mais nous attachant à ce pays, à ces personnes, Que pouvons nous faire ??

C’est avec ces questions que nous restons en ce moment, cela trotte dans nos têtes et dans nos coeurs, cela nous bouscule, nous remue... Bien sûr nous choisissons l’espérance, et j’espère que cette espérance est en partie active avec notre choix d’être ici, et d’être présents à ces réalités.

Dans les bonnes nouvelles aussi, nous avons eu la joie de passer quelques jours avec Virginie et Christophe, tout jeunes mariés, qui sont venus passer pour leur lune miel quelques jours à Santiago. Une grande joie aussi c’est que les parents de Claire et quelques frères et soeurs arrivent à Santiago fin juillet et que nous allons partir tous ensemble faire un grand voyage dans le nord du Chili, en Bolivie et au Pérou... que de découvertes en perspectives !

Sur ces bonnes nouvelles, nous vous embrassons chacun bien fort et espérons que vous vivez aussi de belles choses là où vous êtes. Nous serons très heureux de recevoir de vos nouvelles, un petit mot sur le blog, par mail, ou même par courrier !

Un abrazo de corazon a corazon

Clarita y Michel

Routine à Santiago

Ca fait longtemps qu’on avait pas écris sur ce blog... On répare ce tort maintenant.

Que de choses se sont passées depuis la dernière fois... commençons par le début. Nous nous sommes installés dans notre petit appartement de luxe, nous avons fait un semblant de déco avec les moyens du bord : un fil épinglé au mur avec des photo de notre voyage accrochées avec des pinces à linge... Ca rend pas mal !

Nous avons aussi fait nos premières fêtes ! Ben oui, il a bien fallu faire une pendaison de crémaillère. Mais comme notre appart est petit et que nous avons beaucoup d’amis (oui, oui, je sais), nous l’avons faite en deux parties, à une semaine d’intervalle. Nous avons eu la joie d’accueillir le patron et les collègues de Michel, nos amis que nous avions rencontré à Anticura (rappelez-vous, quelques post plus haut), les autres volontaires belges et français, des voisins chiliens et colombiens, les amis chiliens de Fondacio... Bref, à chaque fois une bonne ambiance, suffisante en tout cas pour empêcher nos voisins de dormir pendant une grande partie de la nuit !

Nous avons également profité de notre position stratégique dans le centre de Santiago pour assister à des couchers de soleil magnifiques depuis le haut de notre tour et du haut du Cerro St Cristobal. Il n’y a que des images qui peuvent vous raconter ça.

Et puis ce we, nous sommes allé faire un tour dans la campagne, à 10min de Santiago (en vrai, une demi heure du centre ville), dans la pré-cordillère. C’est étrange, mais les chiliens vous parlent tous des immensité de nature dans la région des lacs ou en Patagonie, mais ils ne pensent jamais qu’ils ont une formidable réserve de nature juste à côté de chez eux, la cordillère des Andes... Donc avec tout un groupe de Fondacio, nous avons visité le parque de Agua de Ramon, dont s’occupe l’association Protege. Là encore, les photos sont des preuves parlant d’elle même !

Bon, mais puisqu’il n’y a pas que des fêtes et des sorties dans la cordillère dans notre vie, parlons un peu de notre travail... Michel, ça se passe très bien pour lui, les FPGA, sortes de grosses puces électroniques, lui prennent beaucoup de temps, et parfois il s’en tire les cheveux, mais bon... Il est en bonne voie de faire un décodeur vidéo avec ce truc dedans. Avec, on pourra regarder la télé sur un petit écran d’ipod nano, et inscrire des trucs sur l’écran. Quand il saura faire ça, il saura inscrire des courbes qui bougent pour son moniteur cardio-respiratoire en même temps qu’une photo du patient... par exemple. Claire, ça vient petit à petit. Elle a déjà vécu pas mal de choses avec Angelica auprès des personnes en fin de vie dans les quartiers pauvres. Il y a beaucoup moins de moyensqu'en soins palliatifs à Jeanne Garnier ! Premièrement, ce sont des gens complètement démunis qui n’ont pas de quoi se payer des soins à domicile, et deuxièmement, tous les moyens qu’on peut inventer pour soulager la douleur, comme la morphine ou un lit confortable, n’arrivent pas jusqu’à eux. Mais au moins un peu de présence et de reconnaissance, ça fait beaucoup. Et puis quand elle n’est pas chez les personnes, elle travaille au service du lait au dispensaire. L’état donne du lait et des compléments nutritionnels aux personnes qui en ont besoin. Mais il faut contrôler un peu car il y a des mères qui revendent le lait en poudre qui est pour leur enfant pour s’acheter de la drogue... C’est pas triste tout ça...

M’enfin voilà, désormais, tout ça c’est notre quotidien !

Bon, on a assez squaté un réseau d’un voisin, d’autant plus qu’il faut tendre l’ordi pardessus le balcon pour capter quelque chose, on vous tiendra au courant de la suite !

Bizou à tous.

Présentation de ma mission

1) Le Consultorio Cristo Vive

Le Consultorio Cristo Vive, centre de santé familiale a été crée 1974 et est situé à Recoleta, quartier très populaire du nord de Santiago. Il offre des soins gratuits et de haute qualité en ophtalmologie, gynécologie, cardiologie, soins dentaires et de psychiatrie à 20 500 personnes de la zone nord de Santiago.

Le consultorio agit dans la prévention et la promotion de la santé, établissant des liens avec la communauté et les familles auxquelles appartiennent les patients. Il intègre le réseau de service public du pays ainsi que le service de santé du nord de Santiago. L’infrastructure actuelle à été construite en 1996 grâce à des dons provenant d’Europe. Le consultorio emploie 110 personnes ainsi que 30 volontaires. Son financement est aujourd’hui en grande partie assuré par le ministère de la santé chilien ainsi que par des apports solidaires.

2) Soins palliatifs

La fondation Cristo Vive a mis en place un service d’accompagnement de personnes en fin de vie à leur domicile dans le quartier très pauvre de Recoleta. Cela me tient vraiment à cœur de participer à ce projet et de pouvoir ainsi enrichir mon expérience professionnelle en soins palliatifs.

3) La mission jeunes de Fondacio

Je souhaite participer et m’investir dans la préparation et l’animation des événements proposés aux jeunes par Fondacio Chili (camps de développement personnel au moyen d’activités artistiques ou sportives, week-ends de formation, groupe de réflexion éthique…). Je crois en effet que cette communauté chrétienne est très humanisante et porteuse d’espoir tout en étant ancrée dans la réalité du monde dans lequel nous vivons. Ce que Fondacio propose est source de croissance personnelle et invite les jeunes à s’engager professionnellement et humainement dans le monde d’aujourd’hui avec leur sensibilité et leurs talents.